
Le livre des Lamentations (ou Lamentations de Jérémie, איכה ʾēḫā(h), Eikha) est un livre du Tanakh et de l'Ancien Testament. L'auteur est anonyme. La rédaction correspond à une période entre 598 av. J-C, date de la première déportation, et la prise de Babylone par Cyrus en 538 av. J-C. Il s'agit de poèmes de lamentations causées par la destruction de Jérusalem, probablement composées en Palestine.
Certains doutent que les chapitres 40 à 66 aient été écrits par Isaïe lui-même et estiment qu’ils ont été écrit à une époque plus tardive. Malgré tout, le Nouveau Testament fait mention de ces parties au même titre que le reste dans l'Évangile selon Matthieu et dans l'Évangile selon Jean.
Ce livre est composé de cinq poèmes lyriques. Les quatre premiers sont acrostiches (chaque vers commence successivement par l’une des 22 lettres de l’alphabet hébreu), exception faite du troisième chapitre. Il décrit la grande douleur causée par le siège, la prise et la destruction de Jérusalem par Nabuchodonosor II, roi de Babylone. Vigoureux et pathétique, ce livre exprime la peine profonde à la vue de la désolation, de la misère de la confusion, de la famine, l’épée et d’autres fléaux étant l’expression du châtiment divin pour les péchés du peuple, des prophètes et des prêtres. Le livre se termine néanmoins avec une note d'espoir.
Lamentation 3 57 Au jour où je t'ai invoqué, tu t'es approché, tu as dit: Ne crains rien! 58 Seigneur, tu as plaidé la cause de mon âme, tu as racheté ma vie. 59 Tu as vu, Éternel, le tort qu'on me fait; fais-moi justice! 60 Tu as vu toutes leurs vengeances, tous leurs complots contre moi. 61 Tu as entendu, ô Éternel! leurs outrages et tous leurs complots contre moi; 62 Les discours de ceux qui s'élèvent contre moi, et les desseins qu'ils forment contre moi tout le jour. 63 Regarde: quand ils s'asseyent ou quand ils se lèvent, je suis le sujet de leur chanson. 64 Tu leur rendras leur récompense, ô Éternel! selon l'œuvre de leurs mains. 65 Tu leur donneras l'aveuglement du cœur; ta malédiction sera pour eux. 66 Tu les poursuivras dans ta colère, tu les extermineras, ô Éternel! de dessous les cieux.
Lamentation 4 1 Comment l'or s'est-il obscurci, et l'or fin s'est-il altéré! Comment les pierres du sanctuaire sont-elles semées aux coins de toutes les rues! 2 Comment les enfants chéris de Sion, estimés à l'égal de l'or pur, sont-ils réputés comme des vases de terre, ouvrage de la main d'un potier! 3 Les chacals mêmes tendent la mamelle, et allaitent leurs petits: mais la fille de mon peuple est devenue cruelle comme les autruches du désert. 4 La langue du nourrisson s'attache à son palais par la soif; les petits enfants demandent du pain, et personne ne leur en distribue. 5 Ceux qui mangeaient des viandes délicates périssent dans les rues, et ceux qui étaient nourris sur l'écarlate embrassent le fumier. 6 Et la peine de l'iniquité de la fille de mon peuple est plus grande que celle du péché de Sodome qui fut renversée, comme en un moment, sans qu'aucune main d'homme fût venue sur elle. 7 Ses princes étaient plus éclatants que la neige, plus blancs que le lait; leur teint était plus vermeil que le corail, leur beauté était celle du saphir. 8 Leur visage est plus sombre que la noirceur même; on ne les reconnaît plus dans les rues; leur peau est attachée à leurs os; elle est devenue sèche comme le bois. 9 Ceux qui périssent par l'épée sont plus heureux que ceux qui périssent par la famine; car ceux-ci sont consumés peu à peu, exténués par le défaut du produit des champs. 10 De tendres femmes ont, de leurs mains, fait cuire leurs enfants, et ils leur ont servi de nourriture, dans la ruine de la fille de mon peuple.
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